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La femme et le tambour

Dernière mise à jour : juin 26

Thème : l'objet intime, celui qui connaît ce qu'on ne montre pas .



C'est une vulnérabilité. Une mémoire de femme, encore une, qu'il fallait cacher, même à toi-même.

Je suis venu à toi, revêtu de ma peau.


J'ai chanté dans tes mains, femme, et je t'ai fait connaître et reconnaître la rivière, celle qui coule sous la rivière, vaste et invisible, mouvante, puissante.


Tu as marché, dans l'eau avec le loup pour passer les frontières invisibles, tu as plongé dans des grottes sans fond, qui pourtant rayonnaient de lumière. Tu as vu l'ours, l'aigle et la mante religieuse, la loutre, l'élan, le corbeau et la chouette. Tous, ils étaient sur ton chemin. Tu ne les as pas entendus, mais tu les as vus et sentis : ils t'ont invitée en chemin. Ils t'ont donné de leur énergie, tu les portes en toi désormais.


J'étais là, quand tu les as rencontrés, eux tous, la très vieille femme édentée et ridée, qui rit des tracas que tu transformais en montagne accidentée. Elle en rit et cela redevient dérisoire fourmilière agitée.


C'est moi aussi qui t'ai amenée à l'homme de la grande forêt, celui qui t'a tatoué la partie gauche du visage et le bout de la langue. Tu fais partie de leur tribu, dorénavant, même si tu les vois peu. Quand tu reviens là, c'est la fête... et c'est sur mon rythme que vous dansez ensemble, toi et eux, les petits hommes au teint bruni et au corps lisse.

Tu as croisé les géants de cuivre ou d'or, et la tribu qui n'a pas de voix mais un langage. Je t'ai accompagnée, femme, autant que tu le voulais, plus loin, parfois que tu ne l'as imaginé.


Tu es une porte, et je suis la porte de ta porte, vers les autres mondes. Tu les as longtemps refusés, te souviens-tu ? Quand tu as coupé tes antennes, sensibles et mouvantes, qui captaient des informations. Tu te sentais fautive de deviner ce que les yeux ne voient pas, ce que les oreilles n'entendent pas, ce que les mains ne peuvent toucher. Tu refusais de savoir ce que tu sentais. Il y avait la culpabilité, la peur et la mémoire de la peur.


J'ai scandé tes angoisses jusqu'à ce qu'elles se dissipent, j'ai vibré de tes larmes jusqu'à ce qu'elles n'aient plus de sens, j'ai appelé ta force jusqu'à ce qu'elle réponde enfin et ose monter avec le serpent, jusqu'au plus haut de ton crâne. Je t'ai rappelé ce que tu es, sorcière.


Oh, je te vois, tu réagis et cela résonne encore en toi comme un anathème. Tu en es encore à l'apprivoiser, ce mot terrible qui a traîné derrière lui tant de supplices et souffrances . Ce temps-là n'est plus, sois sereine, et s'il te convient davantage de t'appeler "soeurcière", reliée à l'âme de tes soeurs humaines, ou "sourcière" qui s'abreuve à la source de l'être, qu'il en soit ainsi !


Apprivoise-toi, et marche dans les pas de ce que tu es. Je suis ton tambour, et même posé dans un coin , je t'accompagne, je vibre et je te sers.


Myriam G.


Le site donne le thème, mais ne met pas en ligne les aides / supports / pistes donnés aux participants pour écrire leurs textes.

Pour les connaître, rejoignez-nous en atelier Mille et un ou Itinéraires ! ou encore en stage d'écriture Plumes de Soi !



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