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La nuit, une nuit


tableau de Flore Marzo

La soirée avait été longue.


J’avais attendu, en vain, que des mots sortent de cette bouche que j’avais aimée mais qui depuis tant d’années ne déversait plus que des phrases alambiquées, incomplètes, stériles, inutiles sur les tracas de la vie professionnelle.


Mon appel au secours avait été lancé depuis plusieurs semaines et n’avait à l’évidence pas été entendu.


Rien ne sortait. Absolument rien.


Assise lourdement dans un coin du profond canapé, j’avais attendu. Pleine d’espoir.


Les heures s’étaient écoulées, la bouteille avait été vidée, moi ne trempant que mes lèvres dans le liquide rosé, lui avalant goulument le breuvage comme pour enfoncer plus profondément les mots qui auraient pu vouloir sortir du cœur, du ventre …



De guerre lasse, mais quelle drôle de guerre, je m’étais levée, avait murmuré que je montais me coucher et avait gravi l’escalier. Chaque marche rendait ce silence plus définitif.


Anéantie, je m’étais couchée.


Mon livre de chevet n’ayant été d’aucun réconfort, j’avais empoigné mon portable. Là encore, l’objet avait montré toute son impuissance.


J’avais donc éteint la lumière, enlacé mon coussin calant ainsi mon épaule douloureuse, attendant dans le noir l’apaisement du sommeil.


Oublier, il me fallait oublier mes attentes inassouvies.


Un premier changement de côté, qui en annonçait bien d’autres.


Des jambes lourdes, qui m’empêchaient de m’assoupir me rappelant sans cesse combien la montagne à gravir pour découvrir ma nouvelle vie allait être éreintante.


Des pensées qui tournaient en boucle.


Un estomac qui se contractait laissant la place à la boule si familière.


Me revenaient à l’esprit les conseils glanés, çà et là, dans les magazines de psychologie, les livres de développement personnel. Ils me semblaient bien futiles, là au fond de ce lit que je devais encore partager avec l’homme que j’avais appris à désaimer.



« Faire venir à soi une image chaleureuse ».


La mer déchainée frappant les falaises de mon île préférée s’imposait. Tu parles d’un secours, me murmurait ma petite voix intérieure.


« Respirer profondément, s’alourdir pour s’ancrer dans le matelas ».


Bonne élève, je visualisais l’air entrer par mes narines, descendre dans mes poumons … mais pour le rejeter rapidement tant il me semblait lourd de tous ces non-dits.


Non, rien n’y faisait.



Soudain, j’entendis les bruits de mon compagnon qui s’apprêtait, au beau milieu de la nuit, à rejoindre sa place à mes côtés.


C’est alors que mon esprit, ultime geste de résistance, décida de ………..


Je m’étais endormie.


Florence

Thème : la nuit



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